• Le marché du traducteur

    Le marché du traducteurNon, je ne me suis pas trompée sur le titre, je veux bien parler du marché du traducteur et non de celui de la traduction. Ce dernier, on le sait, se trouve en pleine expansion avec une augmentation annuelle proche des 6% et un chiffre d'affaires de 43 milliards de dollars pour l'année 2017, selon l'Index Translationum de l'UNESCO.

    Malgré tous les prognostiques pessimistes qui annoncent la fin de notre métier comme conséquence de l'émergence des nouvelles technologies liées à la traduction, le traducteur reste, à ce jour, un acteur central dans ce dynamique secteur, même s'il n'en est pas toujours le principal décisionnaire, devenu tributaire des intermédiaires les plus divers. Par contre, à voir la quantité de produits et services qui nous sont proposés en permanence, il me semble clair que nous en soyons devenus aussi un objet central, la principale cible d'un marché qui s'est constitué dans le marché - certainement très rentable puisqu'il est aussi en croissance.

    J'admire ceux qui entreprennent et je comprends leur besoin d'élargir leurs marchés, d'augmenter leurs chiffres, de voir leurs affaires fructifier, s’agrandir. Je reçois quotidiennement des messages me proposant des services de marketing pour professionnels libéraux, des participations à de séminaires pour autoentrepreneurs, de vente ou de mise à jour d'outils d'assistance à la traduction, des cours pour perfectionner nos compétences en traduction, des cours de sous-titrage, entre autres. La création d'outils informatiques, la mise en place de cours et de séminaires, la confection de matériels, tout cela a un coût et ces supports sont souvent nécessaires, ils sont supposés enrichir le métier et le rendre plus simple, plus rapide, plus " rentable " mais... pour qui ? Car lorsque l'on se place de l'autre côté dans la relation commerciale que ce négoce est en train d'établir, la réalité est beaucoup moins reluisante. Je ne sais pas comment les choses se présentent pour la plupart de mes collègues traducteurs, et j'avoue ne pas encore connaître toutes les ficelles du métier, mais j'ai un peu de mal à suivre.   

    Je pose donc la question qui fâche : combien doit-on gagner pour répondre aux besoins d'un marché de plus en plus exigeant ? Il est loin le temps où un traducteur devait bien connaître deux (ou plusieurs) langues pour travailler. Aujourd'hui il doit être un as en technologie informatique bien au-delà des seuls OAT, un spécialiste dans un ou plusieurs domaines d'expertise, terminologue, sémiologue, analyste... cela n'en finit pas... car avoir son outil d'aide à la traduction ne suffit pas, il faut le mettre à jour fréquemment, et ce n'est pas donné ; les cotisations aux syndicats et/ou associations de traducteurs sont annuelles et plutôt onéreuses. Même peu chers, les frais de maintien d'un blog pour ceux qui s'y lancent doivent être également considérés, ainsi que les frais d'inscription à des congrès et séminaires qui coûtent bonbon, même pour les adhérents ; et enfin, rajoutons à tout cela les taxes locales et l'Ursaff... arrivera-t-on à amortir notre " investissement " un jour ? Nous investissons comme un chef d'entreprise, mais sommes rémunérés comme un salarié. 

    J'adore mon métier et je m'accroche tant que je peux, mais je ne connais aucun autre métier où l'on doit autant payer... pour travailler.

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